A Ma Place. <3



# Posté le dimanche 02 mars 2008 10:33

Modifié le mercredi 30 avril 2008 06:03

Il Etait 23H57.

Il Etait 23H57.
Gabriel.
7 lettres. 3 voyelles. 4 consonnes. Un tréma. 3 syllabes.
Tu n'existes désormais plus que dans ma mémoire.
Il semblerait que je n'ai jamais réussi à t'oublier.
Ceci est à mettre au conditionnel. Rien n'est jamais certain.
Tout reste à prouver. Il est 23h57, un vendredi pluvieux.
De la baie vitrée qui sépare ma fenêtre du dehors, j'aperçois la mer.
Elle semble infinie, agité, comme si elle aussi était tourmenté ce soir.
De fines gouttelettes s'éparpillent sur la vitre.
Le vent est de plus en plus fort et je crois entendre les orages.
Les orages du ciel et ceux des souvenirs.
Pourquoi est-ce dans de pareils instants que tout afflue?
Que je n'arrive à penser à rien d'autre qu'à nous?
A notre jeunesse ensevelie sous l'indécision, à ces torrents de doutes qui nous ont propulsé dans la vie réelle?
Nous n'aurions jamais du quitter ce monde de gosses.
C'aurait été lâche , peut-être, mais on aurait vécu comme on l'entendait.
A quoi bon être toujours là et compter les jours?
Repenser à tout sans pouvoir revenir en arrière.
Chaque instant me pousse plus encore à regarder en arrière,
le bandeau qui entourait mes yeux s'est défait et tout me revient.
Tout repasse comme un vieux disque usé.
Certains passages sont à vide, j'en ressens tout juste la saveur, la mélodie s'est éteinte.
Gabriel.
J'avais 16 ans, quand pour la première fois ce prénom, ce personnage est entré dans ma vie.
16 ans quand je souriais pour la première fois aux paroles naïves et illusoires qu'il utilisait,
16 ans quand je l'ai suivi dans sa quête d'identité,
16 ans lorsque j'ai eu peur pour lui avant d'avoir peur pour moi,
16 ans quand ses propres rêves furent les miens.
16 ans.
Il n'est jamais sorti de ma tête, Gabriel.
Il a une place dans chaque parcelle de mon être, dans chaque souffle, dans chaque mot que je prononce,
il y a toujours ces trois syllabes qui restent au fond de ma gorge,
comme un murmure, ces 7 lettres qui me donnent le vertige,
qui m'embraquent dans un flot de mélancolie.
Et tu as été ma jeunesse et la réponse à mes questions, le pilier de mes attentes.
Toi pour qui la vie même était un jeu dont les règles étaient indéfinissables,
je vais te donner un mot, un seul, qui résume tout ce qu'il me reste.
Un mot de 8 lettres.
Une de plus que ton prénom.
Un mot dont le fondement même reste un point d'interrogation.
Un mot auquel tu n'as jamais su me répondre.
Et pourtant , était-ce si compliqué?
8 lettres, 2 syllabes, 4 voyelles, 4 consonnes.
Pourquoi?.

# Posté le jeudi 21 février 2008 16:08

Modifié le dimanche 30 mars 2008 14:22